04 décembre 2016

#24 – Les plus du dimanche : Interview d’un DC dans le monde urbain

urbain

Après avoir interviewé des urbanistes, j’ai voulu savoir comment une agence de communication se positionne face aux enjeux urbains. Pour cela, j’ai contacté M. Simon, Directeur de Création (DC) de l’agence Sennse qui a accepté de répondre à mes questions.


Ci-dessous le résumé de mon interview :

Q1 – Quelles sont les particularités de l’agence Sennse ?
Sennse est une agence de plus de 20 ans qui a beaucoup évolué depuis sa création. Son cadre d’action n’est pas uniquement francilien, il s’étend même au-delà des frontières françaises depuis quelques mois.
L’agence a une vraie expertise en communication et en concertation. Le facteur commun entre tous ses projets est l’intérêt public tels que la mobilité et l’urbanité. Ainsi, sa philosophie et son positionnement ne correspondent pas avec des produits de consommation.

L’agence travaille principalement avec les collectivités territoriales, les départements, les mairies, les acteurs publics (SNCF, RATP, etc.). Mais elle peut aussi être amenée à travailler avec des acteurs privés. Cependant, leurs projets doivent rentrer dans le cadre de l’intérêt public, comme par exemple un éco-quartier. Sur ce type de réalisation, l’agence est présente aussi bien dans la phase de concertation, de projet ou de travaux. Elle va accompagner un acteur privé à répondre à un appel d’offre publique grâce à ses nombreuses expertises. Ainsi, elle est à même de proposer des solutions aussi bien en conseil, qu’en communication ou encore en création.

Durant les projets, Sennse peut intervenir dans toutes les phases. Par exemple, lors de la phase de concertation et de débat public, l’agence conseille son client et conçoit des stratégies de communication. Lors de la phase projet, elle cherche à faire comprendre l’intérêt de celui-ci, à communiquer dessus, etc.  Enfin, lors de la phase des travaux, qui est assez longue et souvent délicate, elle conseille son client sur la stratégie de communication à adopter, elle cherche quels sont les outils à utiliser pour sensibiliser les citoyens impacter (outils numériques, palissage explicative, affiches classiques), etc.

Q2 – Le slogan de Sennse est « 1ère agence de communication et de concertation dédiée aux enjeux urbains ». Selon vous, qu’est-ce que le monde urbain et ses enjeux ?
Le slogan de l’agence va bientôt changer. En effet, le mot « urbain » correspond uniquement à la ville, hors elle cherche à toucher tout le territoire. Selon Sennse, les enjeux urbains, ne s’étendent pas qu’aux villes, ils touchent aussi le territoire complet. Même si les principales impulsions partent des villes, les résultats doivent se faire ressentir dans l’ensemble du territoire.

Pour moi, le mot « urbain » signifie « là où l’Homme vit ». Pour lui, l’Homme doit être mis au cœur des projets et non apposé après la construction d’un espace (comme dans les anciennes banlieues, par exemple).
L’ultra majorité de la population vit en ville. Dans le mot urbain, il a souvent été vu « le bâti dans lesquels on y met des Hommes ». Cependant depuis quelques années, ce n’est plus « l’Homme dans la ville » mais « la ville, pour l’Homme ».

Q3 – Quels sont les principaux « types » de projets de communication que Sennse réalise?
Sennse n’est pas une agence full-digital, par contre, elle fait de plus en plus de projets avec du digital. Actuellement, il n’existe plus de stratégie qui n’ait pas été imaginée avec une application digitale ou un site internet.

La numérisation systématique existe et depuis 2013, Sennse a décidé de se numériser. Pour cela, elle a fait appel à des ressources internes spécialisées dans les enjeux digitaux ainsi qu’à des partenaires full-digital.
Ainsi, lors de l’élaboration d’un site, l’agence s’occupe de la conception de celui-ci, de la réflexion autour de son utilité, elle cherche à savoir ce qu’il doit véhiculer comme message, s’il est participatif, etc.

Bien entendu, les projets prints sont toujours d’actualités, mais ils ont besoin d’être accompagnés par des supports numériques. Par exemple, il arrive régulièrement que l’agence propose des films d’animations pédagogiques qui permettent en quelques minutes de faire comprendre les projets. Et ce, aussi bien sur de grands projets, que sur des plus petit comme les éco-quartiers.

Q4 – Est-il déjà arrivé que l’agence propose des outils de communication tels que les DOOH ou les Beacons pour construire une nouvelle image à une entreprise ?
Non, dans les outils de communication, l’agence n’a pas encore eu l’usage de ce type de ressources. Bien que très intéressantes techniquement, le gros problème de ces projets est le coût de réalisation. De plus, étant donné que Sennse traite avec le marché public, les budgets sont souvent restreints. Seuls certains projets pérennes pourraient utiliser ces outils de communication, mais ce n’est pas encore concret.

Cependant, je suis persuadé que l’agence les utilisera dès que ces outils seront plus démocratisés et plus abordables (aussi bien dans la réalisation que dans les supports techniques). En effet, les outils numériques sont de plus en plus présents dans nos stratégies et deviennent nécessaires. Par exemple, pour les débats publics, ils permettent aux jeunes (ou aux personnes peu disponibles) de donner leur avis et d’être impliqués dans les projets de leur ville.

La réalité augmentée est aussi en vue, même si elle n’est pas encore abordable. La RA pourrait amener des projets tels qu’une visualisation des futurs bâtiments qu’y sont en cours de construction.

Q5 – Quels sont les « outils 2016 » pour la communication numérique ?
Les vidéos 360° et la Réalité Virtuelle sont en pleine effervescence depuis cette année. Néanmoins, l’agence ne l’utilise pas encore car son principal but est de rendre un projet communicant et de le faire accepter des citoyens. Ainsi, si Sennse devait imaginer ce type de création, se serait en étroite collaboration avec les urbanistes et les architectes.
De plus, ce que Sennse crée doit être efficace. Elle doit donc garder à l’esprit que la cible principale de ses clients n’est pas nécessairement technophile. Donc si elle propose des équipements complexes et peu rependus sur le marché (exemple : les lunettes de Réalité Virtuelle), l’agence n’impactera pas complétement le public final et passera à côté de la cible.

L’outil numérique qui est toujours le plus utilisé est le site internet. Dans ses propositions l’agence doit toujours être réaliste, elle doit imaginer comment un message puisse être vu, lu et entendu. Pour cela, il faut que le support sur lequel il est diffusé soit accessible par la plupart des personnes.

Enfin, les Réseaux Sociaux sont de plus en plus abordés. Les plus utilisés sont Facebook et Twitter. Et Instagram revient petit à petit sur le devant de la scène. Pour leurs clients, Snapchat est inutile, même s’il est très à la mode, car il s’adresse surtout aux jeunes.
Étant entrés dans la phase 2 du numérique (la première étant le site internet) les réseaux sociaux sont les nouveaux outils de communication. Cependant le secteur public émet encore certains freins à leur utilisation car ce n’est pas un système unilatéral. Les clients de Sennse ne sont pas forcément prêts à vouloir recevoir les avis des citoyens, à voir leurs interrogations, leurs questionnements, etc. D’autant qu’il faut être en capacité de faire vivre les réseaux sociaux et d’alourdir le budget communication.


À l’issu de cet interview, je me suis rendu compte que ces nouveaux outils associés au monde urbain représentent encore une étape à franchir pour les acteurs publics. Mais il est important pour eux de ne pas les négliger afin qu’ils soient prêt lorsque les nouvelles technologies seront plus accessibles.

Image : Sennse.

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