17 octobre 2016

#4 – Les Beacons, cette innovation qui est déjà controversée

Dans notre dernier article de la semaine, nous avons vu les beacons. Sujet vaste et en plein essor, je vous avais expliqué ce qu’est un beacon et les utilisations actuelles. Cependant, je trouvais qu’il manquait encore la notion de limite et des perspectives d’avenir. Cela nous aidera à mieux comprendre les enjeux auxquels devront répondre les communicants du monde urbain.

Une communication qui peut être envahissante
L’usage des beacons a déjà été controversée. En effet, en octobre 2014 les habitants de Manhattan ont découvert qu’ils étaient sous « surveillance électronique ». La mairie de New-York avait autorisé l’agence publicitaire Titan à installer plus de 400 boîtiers dans les rues. Les données permettaient de connaître les mouvements de chacun et de leurs envoyer des messages individuels. Dès que cette information fut diffusée, le syndicat de défense des libertés civiles à New-York s’est emparé du sujet et le retrait des beacons a été immédiat.

L’inquiétude qui est mise en avant dans cette situation est celles des données et de leur appropriation. C’est une communication révolutionnaire qui a vu le jour grâce aux beacons. La commercialisation des données de géolocalisations est en plein essor et les entreprises cherchent à personnaliser leurs messages promotionnels.
En effet, les utilisateurs ont l’habitude d’être entourés par des médias qui leur imposent de la publicité qui ne les concernent pas. Alors quand les marques leur envoient des messages uniques et personnalisés, comment ne pas se sentir privilégié ? Waze, l’application GPS collaborative l’a bien compris. Elle enregistre toutes les méta-données de ses utilisateurs et leur propose, en fonction de leur positionnement GPS, des promotions et des évènements chez ses partenaires commerciaux.
La technologie des beacons est plus rapide que les GPS, elle est aussi plus précise (surtout dans les bâtiments). Elle peut ainsi savoir à côté de quel magasin nous sommes, où quand nous venons de traverser les portes du métro.

Ces connaissances ne sont-elles pas « trop » intrusives ? Toutes les données reçues sont collectées dans des cloud et analysées pour améliorer les expériences utilisateurs, par exemple.
De plus, les notifications arrivent directement sur notre téléphone. L’utilisateur n’a pas eu forcément eu le choix avant de se faire « envahir » par les réclames. Les institutions sont donc obligées de trouver un compromis pour atteindre leurs cibles sans submerger les utilisateurs. Elles doivent trouver un juste milieu et expliquer les avantages des applications afin de convaincre les clients d’accepter cette intrusion virtuelle dans leur quotidien.

Quel avenir pour les beacons ?
En août 2016, une nouvelle balise a vu le jour grâce au fabricant de beacons Estimote. Les Nearables sont aussi des mini-capteurs mais, tels des autocollants, ils peuvent s’accrocher partout, même sur des éléments en mouvements. Ces petits objets de 3 millimètres vont permettre de créer une multitude d’applications. En effet, d’après leur vidéo de présentation, ils permettent de connaitre le nombre de kilomètres qu’un cycliste a parcourus (si le stickers est sur son vélo). Il est aussi possible de savoir depuis combien de temps une fleur n’a pas été arrosée (si le stickers est sur le pot), etc.
Ce nouvel objet ouvre les portes des balises au grand public, mais les enseignes en verront aussi l’utilité. Grâce à lui ils pourront, par exemple, savoir le nombre de fois qu’un produit a été manipulé par les clients et avoir toutes les statistiques relatives à cet objet.

De plus, fin 2016, le Bluetooth Special Interest Group (SIG) devrait sortir une nouvelle norme qui amènerait au Bluetooth 5.0. Cette nouveauté aura une vitesse plus importante et une capacité de diffusion de messages. Ces nouvelles extensions vont aider à la création et à l’amélioration des beacons.

Grâce à ces nouvelles technologies, les limites techniques des beacons s’amoindrissent, de nouvelles actions vont bientôt devenir possible et la communication dans le monde urbain deviendra plus personnalisée, adaptée aux besoins et réactive.

Sources : Le Journal du Net, Le Figaro, Objet Connecté, Stuffi.
Images : Digital For All Now.

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